Liste des actualités

Immobilier : des prix encore trop élevés freinent la reprise

Après un printemps en demi-teinte, le marché immobilier a montré des signes d’amélioration en juin et juillet. Le nombre de compromis se maintient presque au niveau de 2025, mais la reprise reste fragile. Selon la dernière note de conjoncture d’Orpi, des prix de vente souvent supérieurs à la réalité du marché continuent de décourager les acheteurs et de ralentir les transactions.



Des acheteurs intéressés, mais toujours prudents


L’intérêt des Français pour l’immobilier demeure soutenu. Pourtant, de nombreux acquéreurs préfèrent encore reporter leur décision, notamment lorsque les biens sont proposés à des tarifs qu’ils jugent excessifs.


Cette différence entre les attentes des vendeurs et la capacité d’achat des ménages contribue à allonger les délais de commercialisation. Il faut désormais compter en moyenne 110 jours pour vendre un logement. Pour Orpi, cette situation s’explique en partie par des estimations trop ambitieuses au moment de la mise en vente.


La possible remontée des taux de crédit, qui pourraient se situer entre 3,5 % et 4 % d’ici la fin de l’année, risque par ailleurs d’entretenir la prudence des candidats à l’achat. Dans ce contexte, le réseau invite les propriétaires à fixer un prix cohérent dès le départ. Un positionnement adapté à la demande locale permettrait de raccourcir les délais et de faciliter la concrétisation des projets.



Une évolution très contrastée selon les territoires


La situation reste loin d’être uniforme à l’échelle nationale. Les écarts observés au premier semestre se confirment, avec des dynamiques très différentes selon les villes.


Plusieurs grandes métropoles enregistrent toujours un recul des compromis. La baisse atteint 10 % à Marseille, 9 % à Lyon et 7 % à Lille. À Paris, le volume diminue de 4 %, avec un prix moyen estimé à 9 700 €/m². Le repli reste plus limité à Bordeaux, où les compromis reculent de 2 % pour un prix moyen de 4 310 €/m².


D’autres marchés locaux affichent au contraire une activité plus dynamique. Les villes ayant connu une progression plus mesurée des prix ces dernières années semblent mieux résister. Les compromis augmentent ainsi de 12 % à Avignon, de 11 % à Bayonne, de 9,5 % à Strasbourg — où le prix moyen atteint 3 700 €/m² — et de 7,8 % à Montpellier, avec une moyenne de 3 490 €/m².


Les villes abordables, notamment celles qui offrent encore des perspectives intéressantes pour l’investissement locatif, continuent également d’attirer les acheteurs. À Limoges, les compromis progressent de 8 %, tandis que le prix moyen reste quasiment stable à 1 511 €/m², soit une hausse limitée à 0,5 %.


Ces résultats confirment qu’un niveau de prix raisonnable, associé à un rendement locatif attractif, constitue un levier important pour fluidifier les ventes et soutenir l’activité immobilière.



Trois leviers pour relancer durablement le marché


Au-delà de l’ajustement des prix, Orpi identifie trois priorités pour favoriser une reprise plus solide à l’horizon 2027 :




  • mettre en place une stratégie immobilière de long terme, moins dépendante des arbitrages budgétaires successifs ;

  • restaurer la confiance des bailleurs privés et reconnaître pleinement leur contribution à l’économie du logement ;

  • simplifier les démarches et les règles administratives, en particulier celles qui concernent les dispositifs d’investissement dans l’immobilier neuf.


Pour le réseau, la reprise dépendra donc autant du réalisme des vendeurs que de la capacité des pouvoirs publics à offrir un cadre plus stable, plus lisible et plus favorable à l’investissement.
 Liste des actualités